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Tech. policières

 

Cette norme de 1878 sujets a été établie en août 2001. Les sujets proviennent principalement de 3 collèges, le plus grand groupe (1449) provenant du Collège Félix-Garneau de Québec.  411 provenaient du Collège de l’Outaouais à Hull. Quelques sujets provenaient d'autres Cégeps. Presque tous les sujets dont il est question ici ont donc rempli le questionnaire dans le cadre d’un processus de sélection pour étudier en Techniques policières. Ceux qui ne l'ont pas fait dans ce contexte sont des étudiants déjà aux études dans ce programme. Ils ont rempli le questionnaire pour valider le test.

Le type immature 

Cet exemple est typique des sujets que le travail policier attirent et qui inquiètent traditionnellement les recruteurs. C'est le groupe 18 de la typologie qui en contient 28 et 1% des sujets offrent ce pattern.

Ils ont des résultats faibles aux mesures d’introspection, mais ils montrent beaucoup d’assurance. Ils aiment les sensations fortes et ils ont montré une bonne force de caractère, mais une force de caractère basée sur des réactions émotives, sur de l’impulsivité. Ils ont montré une grande confiance en soi pour s’affirmer, mais une confiance en soi qui n’est pas justifiée ou qui n’est pas supportée par d’autres dimensions.

Ils veulent donner l’impression qu’ils ont toujours des réponses à tout, mais sans avoir les ressources qui permettent d’avoir ces réponses. Ils ne savent donc pas bien se présenter quand ils acceptent de le faire. On peut penser que la maturité va régler ce problème. Ils sont moins bien socialisés que la moyenne, moins tolérants et ils ne comprennent pas les autres. Tout ceci peut aussi s’arranger avec le temps, mais ils ont une longueur de retard.

Le tableau montre des traits moyens pour ce groupe qui sont sous la moyenne à un degré extrême. Le trait les plus extrêmes est la stabilité émotionnelle.

S’ils ne sont pas habiles socialement, ce sont de bons producteurs et leur motivation à donner des bonnes réponses est en soi un signe de motivation. Ils sont engagés dans le travail et ils cherchent à se conformer. On peut donc imaginer qu’ils vont se mettre à réfléchir et développer un jour leur autonomie. Des espoirs sont permis dans leur cas, mais ils ne sont pas encore là.

Un modèle du policier

Nous avons établi un modèle pour cerner dans une grille propre au milieu les traits importants qui prédisent le succès dans le travail de policier. Avant, voyons un peu l'histoire des processus de sélection dans le milieu.

Les dimensions globales du modèle sont les suivantes.

 
2a) Capacité d'exercer du pouvoir
2b) Capacité de planifier et d'organiser
2c) Capacité d'intégration communautaire
3a) Capacité d'intégration dans l'organisation
3b) Capacité de fonctionner de façon autonome

Les corps policiers ont des traits communs avec les forces armées et on les définit souvent comme des organisations para-militaires. Exercer du pouvoir est la dimension la plus fondamentale et la plus facile à comprendre (2a).  Par exemple, Louis Cyr un homme fort des années 1900, a gagné sa vie à faire des tours de force et il a été engagé dans un corps de police à un moment donné.

Dans plusieurs petits corps policiers américains, la formation est limitée. On recrute 90% des policiers parmi des policiers militaires. On retrouve aussi dans ces milieux sans trop l'exiger clairement des traits qui assurent le succès dans les milieux militaires comme l'esprit de corps et le sens de la discipline (3a). La cohésion des unités ou des groupes est essentielle dans une organisation où les personnes doivent vivre des situations critiques et exigeantes. Comme toute habileté, elle comporte ce qu'on appelle le défaut de la qualité quand elle devient très grande. Chaque trait poussé à l'extrême a un côté noir qui a des aspects négatifs parce qu'il nuit à d'autres objectifs.

La dimension 2b est reliée aux exigences intellectuelles du poste. Un bon patrouilleur doit planifer son travail et protéger des lieux d'accidents ou de crime pour faire enquête. La capacité de planifier et d'organiser comprend les habiletés intellectuelles nécessaires. Certains modèles de policiers dramatisent ces traits. L'enquêteur Colombo a ces traits de façon presque pure. Sherlock Holmes qui battait au fil d'arrivée l'inspecteur de Scotland Yard aussi.

Les point 2c et 3b constituent des ajouts récents aux exigences du poste.  Dans le langage du milieu, on veut une police de proximité, c'est-à-dire que les policiers entretiennent des contacts plus étroits avec la population. Dans la partie 2c du modèle, on trouve des dimensions qui permettent aux policiers d'établir de bons contacts avec la population et d'intervenir avec sensibilité dans les conflits. Par exemple dans les conflits matrimoniaux ou les cas de viol.

En 3b, on trouve des dimensions pour agir de façon plus autonome. La professionnalisation plus grande du travail exige plus d'autonomie. Par exemple, le code d'éthique impose maintenant un fonctionnement moral qui est typique de celui des professionnels. Le policier doit rendre compte de son processus décisionnel. Sa discrétion par rapport à la loi est reconnue et on veut qu'il montre de l'autonomie intellectuelle et morale par rapport au milieu. Il doit donc encore d'intégrer dans l'équipe, mais pouvoir dire non dans certaines circonstances.

Les exigences traditionnelles du métier

Le travail policier a pris le virage communautaire. Traditionnellement, les exigences du métier se résumaient à la capacité d'imposer l'autorité. Cette capacité a déjà eu une dimension plus physique que psychologique dans bien des milieux.

On ajoutait évidemment des dimensions morales traditionnelle comme le sens de la justice et l'honnêteté aux exigences de l'emploi. Ces emplois ont aussi été longtemps des récompenses politiques. Pour contrer le favoritisme, les fonctions publiques font passer des tests de connaissance spécialisée depuis 150 ans.

Les processus de sélection sont donc depuis plus de 100 ans dictés par les normes de la fonction publique quand une telle loi existait. Par exemple, la loi de police du Québec dicte des compétences physiques minimales, une excellente vision, une certaine apparence physique et une santé parfaite. La taille a longtemps été le critère le plus simple pour obtenir une force physique suffisante. Il été éliminé depuis l'arrivée des femmes. Les corps policiers ont aussi utilisé des tests psychologiques de fonctionnement intellectuel et des mesures de la personnalité.

Le fonctionnement intellectuel

Les corps policiers ont fait un usage abondant des mesures du fonctionnement intellectuel et la valeur prédictive de certaines dimensions est bonne. Prenons un cas classique, le cas de la cuvée 1939 de la police de New York.

Si on peut trouver de bons officiers avec des tests de fonctionnement intellectuel, plusieurs corps policiers ont constaté que les sujets brillants s'accommodaient mal de la routine. Plusieurs ont donc cherché systématiquement des sujets qui n'étaient pas trop brillants, ce qu'on appelait le bon patrouilleur. Certains corps policiers ont donc mis une limite supérieur pour recruter seulement les sujets d'intelligence moyenne. Cette façon de faire a été contestée aux Etats-Unis devant les tribunaux, qui ont donnée raison aux employeurs.

Ces décisions sont très intéressantes parce que de façon très générale, il a été longtemps acquis que l'intelligence était toujours un trait positif. Cette façon de faire n'est pas sans certains fondements. Il a été démontré.

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