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Secondaire

 

Les sujets de Secondaire 4 et 5

Les débuts de cette norme remontent à 1988. Les sujets sont tous de niveau Secondaire 4 et 5. Il n'est pas indiqué de donner le test TIP à des étudiants plus jeunes. Les utilisateurs sont de vieux routiers et il n'y a pas de typologie pour cette norme.

Ce n'est pas évident de communiquer aux élèves de ce niveau des notions aussi abstraites que des traits de personnalité. En orientation, parler de "traits" de personnalité est plus envahissant, plus délicat que parler d'intérêts professionnels. Si un étudiant dit qu'il aime les mathématiques, il les aime. Que ce soit vrai ou pas, il peut le soutenir. Les intérêts sont souvent énoncés en public et les intérêts annoncés peuvent être choisis pour leur impact sur les autres, ou leur innocence, leur absence d'impact. Voir un ensemble organisé de ses mesures d'intérêts et de ses traits de personnalité est une expérience significative pour plusieurs. Pour certains, c'est une découverte bouleversante. 

Privé et public

Une bonne partie des sujets de cette norme proviennent d'institutions privées. Dans la majorité des cas, tous les élèves passaient le test ensemble. Les résultats étaient utilisés pour leur orientation scolaire et professionnelle dans le cadre de cours et ou dans le cadre de sessions personnelles d'orientation.

Quelques 200 sujets viennent d'écoles publiques. Dans leur cas, la passation se faisait quand il y avait lieu de pousser plus loin l'analyse. Généralement, on utilisait un questionnaire d'intérêts professionnel dans un premier temps. Plusieurs jeunes de ce niveau sont peu conscients et très peu capables de s'analyser. L'orientation veut susciter le phénomène et c'est un objectif fondamental de l'éducation, mais il faut du temps et des ressources. Quand le milieu n'a pas les ressources pour répondre aux questions que suscite un test, il faut qu'un professionnel juge au préalable si une analyse de la personnalité est utile.

L'impact sur le milieu

Souvent, au niveau secondaire, le feedback est divulgué en plusieurs séances. Souvent, le sens des échelles du test est communiqué aux élèves et ils sont invités à se comparer, à trouver des exemples dans le milieu, pour comprendre le sens concret des mesures. Dans plusieurs cas, des usagers innovateurs comme François Bernatchez de Charlesbourg, ont donné les résultats aux étudiants et ces derniers les partageaient entre eux en groupes de quatre. Le processus d'orientation comprenait aussi des séances privées avec l'élève. Plusieurs ont partagé l'information dans ce contexte en venant à la séance avec un 'meilleur ami' qui assistait et qui "défendait" l'élève.

Dans plusieurs cas, les parents ont aussi partagé l'information en présence de l'élève. Dans les écoles privées, beaucoup de parents ont des ambitions universitaires et ou professionnelles pour leurs enfants. Quand les résultats n'indiquaient pas d'intérêt pour les études ou pour un travail intellectuel, les parents remettaient souvent les résultats en question. Quelques questions suffisaient pour confirmer que leurs ambitions n'étaient pas partagées par leur enfant, mais faire accepter à ces parents qu'une autre orientation s'imposait n'était pas facile. Quand une école privée propose d'envoyer au Cégep général seulement les étudiants qui ont montré de l'intérêt et des aptitudes pour les études abstraites, c'est un changement majeur de culture pour le milieu.

Note sur le modèle de Holland

La grille d'analyse fournie avec la norme secondaire est la grille TipHolland qui date de 1991. Elle avait été faite pour des conseillers d'orientation et ils sont très familiers avec le modèle de John Holland. Ce modèle suppose que le monde du travail se divise en 6 types d'emplois et que ces emplois correspondent à 6 grands domaines d'intérêts professionnels. Il suppose aussi que les intérêts correspondent à la personnalité dans son ensemble. Le modèle de Holland a aussi été appliqué aux loisirs et dans plusieurs autres secteurs.

John Holland a proposé le modèle RIASEC. Ces lettres correspondent aux types :

Réaliste

Intellectuel

Artistique

Social

Entreprenant

Conventionnel

Le modèle date des années 1950. Il est devenu plus difficile de dire à de jeunes étudiants de secondaires qu'ils sont des types conventionnels et réalistes. L'idée que des gens sont payés pour penser et que d'autres sont payés pour exécuter semblait bien acceptable aux ouvriers de l'époque. Les grandes bureaucraties occupaient aussi de nombreux cols blancs dans des activités bien régies par des méthodes et des procédures. Depuis, la confiance générale dans la bureaucratie comme méthode d'organisation a diminué et l'idée qu'il faut suivre des ordres n'est pas populaire chez les jeunes de l'an 2000.

Dire à un jeune de maintenant qu'il passera sa carrière à suivre des ordres n'est pas une façon de l'enthousiasmer. Ce n'est plus ainsi que le monde du travail fonctionne. Du moins, on ne le voit plus ainsi. Les patrons modernes veulent des employés capables de prendre de l'initiative et polyvalents. Les jeunes le savent.

La grille TipHolland est plus difficile à communiquer dans le sens où les étudiants réalisent qu'il n'est pas possible que tout le monde soit beau et gentil. Elle est plus difficile dans le sens où il y a presque toujours des échelles où chaque sujet a des résultats négatifs, ou qu'il perçoit comme négatifs.

Par ailleurs, elle est plus facile dans un autre sens, Elle correspond plus à ce que les jeunes actuels savent du monde du travail et à la réalité. Ils savent qu'il ne suffit pas d'aimer une activité pour réussir. Ils savent qu'il faut être compétent et que la concurrence est dure. Dans le cas des types réalistes et conventionnels, qui sont les types où on retrouve le plus de sujets dans la population active, TipHolland propose une autre vision de ces postes.

On y propose que tous les travailleurs doivent avoir de l'initiative et organiser leur travail dans une certaine part. Quand à l'aspect conventionnel ou normatif du travail, il est entendu qu'il faut activement se conformer dans le monde actuel. Pour réussir dans les grandes organisations, il ne faut pas attendre les ordres, mais prendre les devants. Le niveau de conformisme exigé des employés n'est plus le même que dans les années 1950, mais il devient clair que la compétition existe dans beaucoup d'organisations et que se conformer passivement n'est pas la bonne voie.

 

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