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Descartes

 

René Descartes a proposé le premier de faire de notre esprit un sujet d'étude. En fait, pouvoir être conscient de soi a été pour lui une preuve suffisante pour dire qu'il existait. Je pense donc je suis. Il proposa que l'âme était en contact avec Dieux, mais que le corps était une machine qui pouvait fonctionner à peu près toute seule. Pour la psychologie moderne, la pensée est le résultat d'une organisation de la matière. Depuis que Descartes a attiré l'attention sur la pensée comme sujet d'analyse, l'influence de Dieu a rétréci comme une peau de chagrin.

Avant Descartes, Dieu s'occupait de chacune de ses créatures préférées constamment. Après Descartes, il n'avait pas vraiment besoin de s'occuper du corps. La biologie ajoute avec le temps des fonctions qui eurent pour effet de réduire le besoin des interventions divines. Par exemple, la théorie de l'évolution a éliminé le besoin d'une intervention à chaque naissance. Il suffisait d'une intervention pour créer la vie.

La psychologie expérimentale

Bien plus tard, en 1879, à Leiptzig Wilhelm Wundt tenta d'étudier expériementalement les processus mentaux. Comme ce n'était pas fructueux comme sujet, les psychologues conservèrent la méthode expérimentale qui avait beaucoup de prestige et ils étudièrent les influences externes sur les gens. La méthode a eu préséance sur les gens.

La personnalité est devenue un sujet d'études dans les années 1920. Au lieu de chercher des causes à effets pour chaque comportement, l'idée d'étudier la personnalité était de trouver  des constances, ce qui distingue une personne. Tout en reconnaissant que chaque comportement est soumis à de nombreuses influences, il y a des tendances générales observables. Étudier la personnalité implique donc de ne pas chercher des relations causales simples pour chaque comportement, mais des tendances.

Au XIXème siècle, la sociologie est née avec un raisonnement semblables. Chaque événement, comme un meurtre, est différent de bien des façons. Il suffit qu'un peu de chance pour que le couteau qui entre dans le corps de la victime ne touche pas un organe vital. Chaque meurtre est différent. Il peut arriver ou ne pas arriver pour bien des raisons. Malgré cela, il y a sensiblement le même nombre de meurtre chaque année dans une ville. Chaque événement est unique, et finalement inexplicable au niveau des détails, mais il y a une réalité observable qui montre des signes de régularité à un autre niveau.

 L'apport de Descartes

Descartes a écrit son Discours sur la méthode juste avant que l'Inquisition ne condamne Galilée. Il vivait à une époque de grands bouleversements sociaux et religieux. Le protestantisme, et les guerres de religion sont dans le décor. Ils ont remis en question des façons de faire de l'Église qui s'accommodait de bien des pratiques païennes comme la sorcellerie. Elle exigeait un grand respect des rituels religieux qui étaient souvent mêlés de croyances locales. Par exemple, la fête de Noël était à l'origine une fête païenne. La réforme, le protestantisme, a critiqué plusieurs pratiques de l'Église. La plus célèbre est la vente des indulgences. L'idée que Dieu pouvait être manipulé par des marchandages ou des rituels magiques était immoral pour les protestants. Il fallait se soumettre vraiment à Dieu, pas tenter de le manipuler. Les protestants insistaient moins sur les rituels, mais beaucoup sur l'intensité de la foi, son développement par chacun et l'intégrité morale.

Le dualisme

Tout en proposant ce qu'on appelle le dualisme cartésien, la séparation du corps et de l'âme. une idée nouvelle qui a dépassé ses attentes, Descartes (1596-1650) voulait à tout prix éviter de choquer les autorités religieuses. Il cherchait honnêtement une explication qui satisfasse et aide l'Église. Par contre, il avait eu la prudence de vendre ses biens, ce qui le rendait indépendant, et d'aller vivre en Hollande. Il est connu pour le plan cartésien encore utilisé en mathématiques et son discours de la méthode. Ce dernier texte était une introduction à un traité sur l'optique à l'Origine et sa géométrie analytique était en appendice (1637). Son manuel de physique a servi durant 200 ans. C'était donc un penseur de calibre.

Raison et émotions

Récemment, les émotions sont redevenues nécessaires ; notamment pour avoir un bon jugement. Antonio Damasio, un neurologue, le démontre dans un livre intitulé l'erreur de Descartes. Cette idées est à la base de la notion d'intelligence émotionnelle, une idée qui suppose qu'il faut penser avec ses émotions tout en les contrôlant.

Il reste encore beaucoup de magie dans le cerveau que nous comprenons mal et il en restera toujours. Devenir amoureux comportera toujours un effet magique qu'il est impensable d'éliminer. La psychologie se veut rationnelle, mais elle reconnaît aussi que les humains ne sont pas des machines. Par exemple, ce sentiment amoureux est lié à la reproduction. Il faut reproduire nos gênes, mais les moyens que la nature prend pour y arriver ne sont pas tous évidents.

Les sciences ont éliminé la magie de presque tout l'univers. La température n'est plus commandée par les dieux et un orage n'est pas une punition. La pensée magique joue encore dans notre société. Un des domaines où elle joue le plus c'est celui du comportement.

On suppose depuis longtemps que les émotions étaient l'expression d'une réactions du cerveau, que le corps reflétait un sentiment initié par la pensée. On réalise maintenant qu'on peut générer certaines pensées, ou des aspects de la pensée, en prenant des postures ou en adoptant une position de certains muscles. L'effet observé est donc l'inverse de celui qu'on imaginait et il est possible dans les deux sens. Ceci date de 1990 et remet en question une façon de penser qui remonte à Descartes.

Comprendre les gens

Dans la pratique, les praticiens tiennent compte des intérêts, des habiletés et de la personnalité depuis 1960. Cependant, les outils disponibles étaient bien limités au début. Les outils de la personnalité étaient faits pour évaluer des maladies mentales et souvent faibles du point de vue psychométrique. Les mesures du fonctionnement intellectuel prédisaient le succès à l'école, mais pas ce qu'il faut pour réussir dans la vie.

Les concepteurs de tests et les théoriciens fournissaient beaucoup de modèles, mais ils étaient habituellement cloisonnés et impérialistes. C'est-à-dire que chacun proposait une façon de voir qui devait être meilleure que les autres et ils ne tenaient pas beaucoup compte des autres.

Aider les gens

Aider les gens est différent de les comprendre. Les théories de la psychologie clinique mélangent les deux. Un peu après la création de la psychologie comme domaine de recherche, des psychiatres comme Freud ont expliqué les pathologies mentales par des dérèglements au niveau émotif. Pour modifier des réactions émotives qui échappaient au contrôle volontaire des patients, ils ont proposé d'analyser ces réactions et de les rendre conscientes. Le fait de les rendre conscientes devait permettre d'en prendre le contrôle.

Ce sont des idées très cartésiennes en ce sens que le corps, et particulièrement la sexualité. n'est pas sous contrôle et qu'il a des réactions spontanées et non verbales. Un processus rationnel qui reconnaît ces éléments tente malgré tout de les influencer. Au dessus de la réalité individuelle, il y a des pressions sociales fortes qui exigent de refouler sa sexualité. Pour être quelqu'un de bien, il faut refouler ces pulsions. Il y a donc dans ce modèle le corps, la pensée et le milieu social. Descartes traitait du corps, de l'âme et de Dieu qui devait avoir autorité sur l'âme.

Intelligence et personnalité

Pour la psychologie et pour les experts en évaluation psychologique, l'intégrations de l'intelligence et de la personnalité en évaluation psychologique est un événement majeur. Les tests de fonctionnement intellectuel et les inventaires de personnalité ont été développés dans des univers séparés de 1918 à 1980. On a commencé une intégration par le développement d'échelle du style de fonctionnement intellectuel, des échelles à mi-chemin entre ces deux univers. Depuis, on assiste à un intégration de plus en plus poussée qui correspond à la façon des personnes d'être.

L'intelligence émotionnelle ne relève pas ce défi qui s'impose depuis qu'on a établi que le fonctionnement intellectuel exige des réactions émotives. Les promoteurs de l'IE disent que leur explication est meilleure que l'intelligence, mais adoptent l'idée d'une forme d'intelligence et l'idée d'un quotient, sans même proposer un rapport mathématique quelconque. Les termes indiquent une fraude grossière.

Réassembler la personne

Dans bien des milieux, on sait que les gens ne fonctionnent pas en pièces détachées. Les grandes décisions sont chargées d'émotions, mais les émotions sont souvent le sable dans l'engrenage. Dans l'optique cartésienne, elles nuisent au fonctionnement du cerveau qui est la partie la plus noble de la personne. Les émotions sont conçues comme des pulsions biologiques, des besoins bestiaux à assouvir.  Ce qui est le plus nouveau dans les modèles qui ont servi à promouvoir la notion d'intelligence émotionnelle, c'est l'apport positif des émotions dans le fonctionnement intellectuel. Les émotions sont nécessaires pour avoir un bon jugement et le cerveau ne peut avoir d'autre cadre de référence que le corps dans lequel il fonctionne.

Damasio donc critique la vision de l'homme qui sépare l'âme et le corps et qui date de René Descartes. Si nous cherchons à penser en réintégrant ces deux aspects de la personne, il ne faut pas oublier que la psychologie moderne doit son existence à Descartes. En isolant la pensée du corps, il a mis en évidence la réflexion de la personne sur elle-même. La prise de conscience de ses pensées et de ses émotions et l'importance qu'il leur accorde a été une grande révolution. Les animaux sont conscients de leur environnement. Le corps suffit pour cela, mais l'homme peut penser à des situations toutes nouvelles. Il peut analyser sa réflexion grâce au langage et prendre conscience de ses réactions. La question à savoir si le langage est liée à la pensée n'est pas encore réglée, mais Descartes a posé le problème de la psychologie en des termes modernes.

Descartes a d'abord posé que le corps fonctionnait comme une machine. C'était en soi nouveau et il a écrit son discours de la méthode comme introduction à un traité sur l'optique. On commençait à apprécier les machines. Le télescope de Galilée est exposé à Florence au musée des sciences. Avec des instruments de meilleure qualité, on pouvait voir le monde différemment. Certaines technologies sont le moteur des idées nouvelles en science et ce fût le cas à cette époque en astronomie. Les navires à 3 mats ont permis d'aller en Amérique et ceci a remis en question l'autorité des anciens. Les idées de Galilée ont enlevé à l'homme la place centrale dans l'univers. Il était au centre du monde et il avait un lien privilégié avec Dieu.

Au moment où Descartes a écrit, la fabrication d'objets métallique s'améliorait beaucoup. On faisait des horloges astronomiques et des personnages sonnaient les heures. Dans les parcs et les jardins de l'époque on installait des statues activées par l'eau et qui avaient beaucoup de succès. Ces animations nous semblent simples, mais elles étaient nouvelles et merveilleuses à ce moment. Elles semblaient vivantes et on s'est demandé si les gens ne pouvaient pas être des mécaniques compliquées.

L'idée que le corps est une mécanique qui peut fonctionner sans une intervention divine constante  était nouvelle et dangereuse. Jusque là, l'homme devait être au centre du monde et il fallait expliquer comment Dieu l'animait au jour le jour. A la mort, le corps et l'âme se séparaient. L'idée d'une séparation était acquise, mais l'idée que le corps et l'âme pouvaient fonctionner sans fil, sans un lien permanent avec Dieu, était une hérésie. Le corps était aussi sacré. Par exemple Léonard de Vinci a eu des problèmes avec le pape à cause d'autopsies pour mieux dessiner les corps. Les progrès en biologie et en mécanique ont donc modifié l'idée qu'on se faisait du corps, mais expérimenter dans ce domaine n'était pas permis.

Utiliser sa raison pour comprendre le monde, la méthode expérimentale, était une idée nouvelle. Galilée a publié un livre en Latin, mais il a ensuite publié en italien. Il a expliqué pourquoi dans une lettre à un ami. Ce n'était donc pas évident. Il voulait que les jeunes constatent que la nature "de même qu'elle leur a donné des yeux pour voir ses oeuvres..., leur a donnée un cerveau pour les discerner et les comprendre" (cité dans Gingras, Keating et Limoges p. 255). Descartes aussi a écrit dans sa langue et expliquait qu'il visait les lecteurs qui se servent de leur raison naturelle plutôt que ceux qui ne croient qu'aux livres anciens. Il espérait ainsi un jugement plus favorable à ses écrits en dehors des circuits universitaires.

La fondation de la psychologie

Descartes a donné naissance à la psychologie moderne en mettant de l'avant l'idée que nous pouvions analyser notre propre comportement. Il a donné le coup de départ au désenchantement du monde tel qu'on le connaissait. Il a aussi publié un ouvrage sur la physique mécanique qui a servi pendant un siècle. Ce livre de physique a d'abord été nommé Méditations métaphysiques car sa physique était déduite de la métaphysique, comme cela devait l'être pour l'Église. Il cherchait donc à intégrer des idées scientifiques de son époque, mais à partir encore de la métaphysique, une approche l'ordre établi par la scholastique. Descartes était un catholique convaincu. Il faisait partie d'un groupe de catholiques du temps de la réforme conduit par le père Marin Mersenne. Il a été mis à l'Index à un moment donné, mais bien malgré lui et il a refusé de publier des textes par crainte que cela n'arrive. En fait, son impact en psychologie n'est pas vraiment important dans l'ensemble de son oeuvre et il a eu cet impact un peu malgré lui. Pour trouver une explication complète de l'impact de Descartes en psychologie, il faut lire Gaukroger, S., (1995). Leahy résume bien ces faits aussi.

L'autonomie de la personne

Les protestants devaient se confesser directement à Dieu et mener toute une vie de bonnes oeuvres. La confession qui permettait d'effacer les péchés et de recommencer le lendemain leur apparaissait immorale. Elle donnait aux prêtres un pouvoir qui déresponsabilisait les croyants et ouvrait la porte à des abus comme la vente des indulgences. Max Weber dans L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme décrit comment cette attitude responsable a fait que la richesse est devenue un signe de foi. Les bons protestants pouvaient faire leur ciel en restant dans le monde plutôt qu'en s'isolant dans les monastères. Le travail est devenu une vocation. Il a pris un sens moral et religieux. Cet engagement a favorisé les investissements qui ont mené à l'accumulation du capital.

La contre-réforme est un mouvement de l'Église catholique pour contrer le protestantisme. Les Jésuites ont été très actifs dans ce mouvement et Descartes a été formé par les Jésuites. La contre-réforme impliquait de revoir des dogmes de l'Église qui ne tenaient plus la route depuis les découvertes scientifiques de l'époque. Par exemple, on imaginait avant la réforme une présence divine dans la vie de tous les jours. Comme chez les animistes, l'effet de Dieu était constant. L'homme était au centre de l'univers et il avait un contact privilégié avec Dieu. Ce contact privilégié n'était plus aussi évident quand Galilée a montré que le terre n'était pas au centre du monde. La méthode expérimentale accordait plus d'importance aux faits qu'aux idées des anciens et aux idées acceptées par l'Église. On a parlé à ce moment de la nature et l'homme a commencé à en faire partie. Petit à petit, l'impact de Dieu sur le fonctionnement quotidien des hommes a été grugé. Un orage n'était plus un signe de Dieu, mais un phénomène naturel. Déjà, les sensations, la mémoire, la perception, le sens commun étaient conçus comme opérant sans intervention divine. La pensée et la connaissance étaient les deux derniers bastions auxquels l'Église tenait. Curieusement, quand Galilée a été condamné, Descartes a refusé de continuer ses travaux scientifiques et il s'est tourné vers la philosophie. C'est donc plein de bonne volonté pour respecter l'Église qu'il lui a donné un bon coup.

Descartes expliquait que vie semblait pourvoir exister chez les animaux sans une intervention divine continue. Il observa des animaux chez le boucher, une façon de faire très originale, et des mécaniciens de l'Époque commençaient à proposer des membres artificiels. Il observa et proposa ensuite que le corps est une machine qui peut fonctionner sans une intervention divine de tous les instants, ce qui était nouveau. C'était une mécanique sophistiquée, mais sans pouvoirs occultes. Les fonctions mentales se réduisaient ainsi en grande parti à des processus mécaniques.

De son côté, l'âme était d'une nature plus noble que le corps et d'une toute autre nature. Les deux parties ne communiquaient que par des vents animaux. L'âme et une bonne partie de la pensée n'étaient pas pas liées autrement que par un tube dans un certain endroit du cerveau, la glande pinéale. Le lien était minime et nous fonctionnons depuis dans ce cadre de pensée. La séparation entre les mesures d'intelligence et les mesures de la personnalité en psychologie est un aspect bien secondaire de ce qu'on appelle le dualisme cartésien. Que nous soyons actuellement en train d'en sortir est un événement majeur de l'histoire de la psychologie et de la philosophie.

La conscience de soi

Être conscient de soi n'est pas automatique pour tous. Cela permet de répondre à des situations et certains sont meilleurs que d'autres. Le langage, propre à l'homme, jouait un rôle particulier. Le langage définissait l'homme. En identifiant la conscience de soi, Descartes identifiait clairement quelque chose que les gens n'avait jamais pas tellement compris, ni bien cerné. Il permit de parler de quelque chose d'unique, sous le contrôle de la personne, et qui fait que la personne est en partie maître de son destin. Non seulement il a fait de la personnalité un sujet d'études, mais il a pointé du doigt quelque chose qui est devenu important pour tous. La personnalité des gens est devenue plus importante et les individus sont devenus respectables quelque soient leurs idées et leurs différences. La personne est devenue plus importante dans le monde politique réel.

Les chercheurs ont disséqué le sujet de la psychologie et nous nous sommes contentés d'expliquer le corps et ses fonctions par sous-ensembles de pièces détachées. Chercher à comprendre l'ensemble de la personne n'est pas nouveau, mais nous pouvons maintenant l'expliquer mieux avec des mécanismes. Les lacunes, les trous, entre les sous-ensembles qui ont été disséqués pour mieux analyser sont de plus en plus petits. Nous essayons donc maintenant de voir l'ensemble avec des modèles qui laissent peu de place à la magie. Si nous n'expliquons pas vraiment tout, et la complexité nous force à mettre des détails de côté, le simple fait de ne pas tomber dans des explications magiques est déjà bien.

Conclusion

L'impact de Descartes en philosophie a été majeur. Il est devenu populaire dans les cours, comme chez la reine de Suède, et dans bien des milieux. En dehors des universités en premier, car les intellectuels l'ont rejeté. Nous avons donc depuis Descartes une vision dualiste de la personne humaine. C'est-à-dire que le corps ne fonctionne pas comme l'âme et qu'il faut étudier les deux par des moyens différents. Pour des raisons religieuses, il devait donner à l'âme un caractère unique. A un moment donné dans la révélation, le corps et l'âme sont réunis et chaque corps doit trouver son âme.

La fonction de l'âme était donc seulement de penser, de raisonner comme les hommes sont les seuls à pouvoir le faire. Elle est une sorte de fantôme qui reçoit des informations du corps et qui lui donne des ordres. Comme l'information est obtenue indirectement et que l'âme peut penser de façon autonome, sans référer aux sensations, il explique ce que nous appelons la subjectivité. Pour nous, c'est normal que deux personnes voient des choses différentes devant les mêmes perceptions, mais l'idée était nouvelle. Ces différences entre les gens deviendront un sujet d'études. Elles ne sont plus seulement un aveuglement, une erreur ou l'effet de la tentation du démon. C'est ainsi que les premiers psychologues se sont surtout intéressés à l'introspection.

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