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L'engagement en religion

 

"Tout dogme est ridicule, funeste; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est absurde." Voltaire

L'histoire des religions montre une évolution vers des croyances qui satisfont les besoins de la personne et des croyances plus propres à la personne. Le cas d'espèce est celui du protestantisme.

Parmi les reproches de Luther contre l'Église catholique, il y avait cette insistance sur les rituels sans se soucier sur l'engagement moral profond des croyants. Par exemple, Luther s'opposait à la vente des indulgences. Les prêtres vendaient des places au ciel ou des remises de peine au purgatoire. La confession déresponsabilisait les individus et les rendaient dépendants du prêtre. Par exemple, la secte des Puritains encourageait ses membres d'examiner leur conduite pour y découvrir les illusions que chacun entretenait. John Locke, un des fondateurs de la psychologie, descendait d'une famille puritaines et il avait ainsi développé cette habitude de l'introspection.

Martin Luther

Martin Luther (1483-1546) était le fils d'un petit entrepreneur minier. Son père voulait qu'il devienne avocat, mais il se fit moine après une révélation. Il fit de grands efforts pour faire plus que le moine moyen et il se mit à penser que l'Église était un problème plus qu'une solution pour aider les gens à mériter leur ciel. Il demanda des réformes et se cacha après avoir été excommunié. Ses idées sont devenues populaires. Il traduisit la Bible dans la langue du peuple. Il proposa un Dieu plus accessible et un lien plus actif entre chaque personne et Dieu. Il eût ensuite une grade influence politique, se maria et défendit son mouvement contre d'autres réformateurs. Certains le considèrent un des hommes les plus influents de l'histoire de la civilisation occidentale, mais son rôle est moins connu dans les pays de tradition caholique.

La vie de Luther a été l'objet de nombreuses études, dont des études psychologiques. Erickson a publié en 1958 une biographie de Luther.

L'engagement

En fin de compte, le protestantisme exigeait de chaque croyant l'engagement moral qui était le lot des prêtres catholiques. Le protestant devait mener une vie de bonnes oeuvres. On demandait aux prêtres de faire des voeux comme le voeu d'humilité pour la vie. Un bon protestant devait s'engager dans une vie de bonnes oeuvres. Comme tous ne pouvaient fuir le monde et chercher la proximité de Dieu dans des monastères, les protestants ont cherché leur salut dans des activités ordinaires, dans le travail. Ils ont fait du travail une vocation, la voie vers le salut. Le travail et l'argent ont pris une connotation positive. Accumuler de l'argent voulait dire que la personne ne le dépensait pas de façon frivole. Les luthériens, les quakers et d'autres sectes valorisaient une vie simple. En accumulant de l'argent, ils ont pu investir dans des usines. En prenant le travail au sérieux, ils ont trouvé de moyens de l'améliorer pour produire plus.

L'éthique protestante et le capitalisme

C'est ainsi que Weber propose que l'éthique protestante a donné lieu au capitalisme. Les intérêts sont devenus légitimes quand les juifs ont longtemps été les banquiers de l'Europe parce que le commerce était mal vu et les finances étaient mal vues. Les catholiques ont été exclus des activités les plus rentables.

Cette différence entre les catholiques et les protestants a été un fait public reconnu. Par exemple, jusqu'en 1948, le poste de ministre des finances a été donné au Québec à un anglophone. Les anglophones savaient faire des affaires, mais les francophones n'avaient pas "la bosse de l'argent". En 1623, le Cardinal de Richelieu avait décrété que la Nouvelle-France était interdite aux protestants. Champlain a pu y revenir en mariant une catholique. Le commerce des fourrures qui était la richesse de la colonie occupait une minorité de commerçants et de coureurs de bois qui n'avaient pas de place dans la vie de la colonie. C'est ainsi que le Québec est devenu une terre catholique. Longtemps, il est resté en dehors de la révolution industrielle, sauf que ses citoyens étaient une main d'oeuvre à bon marché.

La contre-réforme

L'Église catholique a réagi à l'engouement pour le protestantisme. Au moment de la Contre-réforme, après des gains importants des protestants en Europe, l'Église catholique a accepté des ordres religieux nouveaux. Par exemple, les Jésuites renouvelaient leur foi avec une retraite de 30 jours. Cet engagement était réservé à une élite. Le film Robe noire montre bien la différence de caractère entre un Jésuite éduqué et engagé qui demeure fidèle à son milieu d’origine. Le personnage du religieux est contrasté par le rôle d'un jeune français qui est attiré et assimilé facilement par le milieu ambiant; en l'occurence une jeune indienne.

Les Jésuites recevaient donc une éducation qui les faisaient s'engager très profondément. Ils ont formé dans leur collèges l'élite intellectuelle. par exemple, Descartes et Condorcet ont été formés par les Jésuites. L'Éducation a pris un rôle important comme moyen plus ou moins ouvert de récolter des âmes. Au lieu de former seulement les candidats à une vie religieuse, il fallait former tous les gens appelés à faire partie de l'élite.

La théologie de la libération

Vers 1970, les Jésuites et les autres communautés qui formaient des jeunes à la religion par le biais d'une éducation générale ont réalisé qu'ils soutenaient l'élite, les oppresseurs du peuple dans biend es cas.

Au niveau politique, beaucoup de religieux depuis 1970 ont adhéré à des idées révolutionnaires. Ils pris le parti du peuple. Généralement, les théologies de la libération s'opposaient à des mouvement conservateurs qui voulaient défendre la nation contre le communisme.

Le mouvement a été important en Amérique latine et les militaires ont emprisonné bien des religieux qui ont soutenu des mouvements pour défendre les masses opprimées. Tout comme les idéologies marxistes, ces mouvements comprenaient l'individu comme membre d'une classe sociale avant tout. D'un autre côté, les idées marxistes et les idées religieuses ne pouvaient rester parallèles. Le message chrétien a pris le second rang dans bien des cas et ce second rang a été inacceptable pour une institution aussi totalitaire que l'Église catholique. Pourtant, l'Église primitive était un modèle communautaire.

La tendance générale

Les grandes religions, le judaïsme, l'Islam et les religions chrétiennes, sont monothéïstes. Elles sont aussi basées sur un livre. Le judaïsme a diffusé l'écriture et les capacités d'abstraction que lire et écrire procurent sont liées à la foi dans un Dieu unique.

Fondamentalement, les grandes religions organisées ont évolué dans le sens du libéralisme et... de l'engagement librement consenti. Elle ont évolué vers la formation poussée des pratiquants et un engagement plus librement consenti. La vie dans le désert et l'ascèse sont des conditions librement consenties dans ces religions. Les autorités religieuses catholiques se plaignent maintenant souvent des pratiquants superficiels, tout comme Luther s'en plaignait. Quand les tendances vont vers ce qu'on appelle l'intégrisme, c'est que l'individu est plus contraint.

Les religions qui ne favorisent pas le développement individuel sont maintenant définies comme des sectes. Certaines découragent l'éducation au-delà d'un certain niveau et l'exploitation des adhérents est évidente de l'extérieur. La norme pour les religions modernes est donc de favoriser le développement des individus qui sont concernés par des objectifs ultimes. Évidemment, elles doivent fonctionner avec les limites de plusieurs et ce n'est pas facile de composer avec les différences. Ce qu'on appelait autrefois la foi du charbonnier impliquait justement ces limites.

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