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Personnalité et littérature

 

"La sincérité est un perpétuel effort pour créer son âme telle qu'elle est." Jacques Rivière, De la sincérité envers soi-même (Gallimard)

La façon de nous percevoir, de percevoir notre corps et nos traits distinctifs nous aide à nous sentir quelqu'un. Quelqu'un de plus ou moins bien qui doit se présenter socialement avec plus ou moins d'efforts. L'image d'une personne qui se voit à la télévision est fidèle, mais elle impose une idée nouvelle de soi et cela veut aussi dire un jugement de valeur.

La littérature a fourni des modèles bien avant la télévision. C'est un des domaines où on peut chercher des représentations de l'individualisation.

L'individu est une idées assez nouvelle. Dans une société traditionnelle, l'histoire des personnes va souvent se borner aux facteurs externes qui définissent la personne et qui contraignent son action. La famille, le statut social et les épreuves vécues suffisent souvent pour décrire la personne. On assumait généralement que dans des circonstances semblables, les gens réagissaient de la même façon. Par exemple, le fils d'un homme noble sera aussi noble ; "bon sang ne saurait mentir!" L'histoire d'Ulysse, le héros grec, est un bon exemple. Quoique certaines parties de l'Odyssée indiquent une évolution plus poussée du personnage que d'autres.

Tristant et Iseult

C'est un peu après l'an 1000 qu'on commence à reconnaître les individus pour la peine. Par exemple, quand Tristant et Iseult deviennent amoureux, ils réagissent à cause d'un sort, un philtre d'amour. Ils sont jeunes tandis qu'Ulysse était un chef. Les chef ont droit à un tombeau avec leur chariot, leurs armes, des vivres. Leur femme et des serviteurs les accompagnent parfois dans la tombe. La richesse matérielle, les rôles socaux importants permettent de faire des choix dans la réalité. Par contre, celui qui a une position enviable doit être plus responsable et il a plus à perdre.

"En ces temps reculés de l'âge celtique, un jeune chevalier né sous le signe de la tristesse est chargé par son oncle le roi Marc de Cornouailles de ramener d'Irlande la blonde Iseut qu'il veut épouser. Les deux jeunes gens n'éprouvent aucun sentiment l'un pour l'autre. Mais sur le voilier qui les emporte, ils ont soif. Ils boivent par erreur le filtre d'amour. Désormais, ignorants du monde et de ses lois au mépris de l'honneur et de la parole donnée, ils ...

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Tristan veut être fidèle, mais il tombe amoureux. Les quelques sentiments vraiment associés à la personne sont des sentiments nobles. Dans l'histoire de Tristant et Iseult, la réaction amoureuse est due à la personne aimée et au philtre d'amour qui détournent le héros de son devoir. La personne amoureuse n'est pas tenue responsable et on insiste longuement sur cet effet magique qui déculpabilise. Autreent, c'est inacceptable.

Les personnes sont animées au jour le jour par des forces divines et magiques. L'influence divine les suit pas à pas. Quand la religion est devenue monothéiste, il n'y a plus de conflits entre les dieux comme dans le cas d'Ulysse. Il reste pourtant des sorcières, des anges et d'autres influences externes. Ce qui laisse quand même plus de place aux caractéristiques propres au héros et ce qui permet de situer les conflits entre les diverses motivations de la personne.

Dante, Shakespeare et Dafoe

Les personnage de Dante n'ont pas un caractère personnel. Ils représentent des types de personne. Plusieurs finissent en enfer parce qu'ils ne sont pas à l'écoute des messages de Dieu. Il y a encore un traitement différent pour les sentiments acceptables et ceux qui sont moins favorables à l'ordre et à la discipline sociale.

Vers 1600, Shakespeare et Cervantes ont proposé des personnages avec un caractère plus spécifiques et des sentiments. Les premiers personnages de romans sont souvent contraints, comme le Robinson Crusoé de Defoe. Le Don Guichotte de Cervantès était fou, donc excusable. Pour cette raison, on accepta ses élucubrations qui étaient inacceptables socialement.

A mesure que les individus sont devenus plus différenciés de leur milieu d'origine, moins sujets à des influences magiques, et plus libres d'influencer leur milieu, ils ont fait des choix et des choix moins conformistes. Les personnes sont devenus plus conscientes de leurs choix. On a pu ajouter des éléments aux événements les réactions personnelles pour expliquer des choix.

Roman, littérature, théâtre et cinéma

Le mot personnalité a été rarement utilisé avant le 17ème siècle. Avec la création du roman, sont apparus des personnages avec des réactions émotives sophistiquées. Les français ont développé un langage des émotions qui a été adoptée en bonne partie par la langue anglaise. La littérature moderne offre des exemples sans fin d'analyses psychologiques. Le cinéma et le théâtre aussi.

Ils fournissent des modèles infinis. Toute la littérature a eu beaucoup d'impact sur la capacité de décrire des relations intimes, de clarifier des sentiments.  Faire un mariage d'amour est maintenant valorisé, mais ce fût longtemps une idée dangereuse. Faire l'amour a déjà été parler d'amour.

Les acteurs qui expriment des sentiments ont acquis un bien meilleur statut social depuis 50 ans. Avoir des sentiments n'est plus une faiblesse qui nuit au sens du devoir. Les gens qui expriment bien des sentiments sont maintenant très valorisés. Nos sentiments ont pris de l'importance. Ils sont plus acceptables, même une façon de se définir. L'état amoureux et l'expression des émotions est devenu plus légitime. La vie intime demande des moments d'intimité de la lecture en fournit. Le simple confort matériel est aussi important dans ce cas.

Se définir et se présenter

Etre le digne fils de son père ne suffit plus. Dans notre monde moderne, la patrie, la famille, la classe sociale, l'encadrement externe en général, les références externes de l'individu, ont perdues de l'importance comme points de références au profit de la personne. Nous en sommes rendus que les gens veulent une histoire originale  pour se distinguer et s'affirmer.

De plus en plus les personnes sont conscientes de leurs caractéristiques et imaginent qu'elles ont défini qui ils ou elles sont. Ce peut être une illusion, mais cette illusion de contrôler ce qui nous arrive constitue le bien le plus précieux pour beaucoup de gens actuellement. Comme le travail est souvent ce que les gens font de plus exigeant, c'est au travail qu'ils deviennent le plus conscient de leurs identité. C'est le domaine dans lequel certains investissent le plus.

Le travail comme engagement est devenu un point de référence pour se définir, pour donner un sens à la vie. Dans la mesure où le travail est précaire, des gens vont-ils chercher d'autres bases plus stables? Pour les gens qui ne travaillent pas, un autre cadre de référence est nécessaire. Probablement, mais chacun peut aussi devenir son propre cadre de référence en prenant la vie intime comme repère. Notre vie de travail et note vie privée sont maintenant séparés le plus souvent. Certains y voient un avantage, d'autres une aliénation.

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