Remonter
Conformisme 2002
Intelligence émotionnelle
La richesse

 

Le support social

Notre culture valorise beaucoup les personnes indépendantes qui se tiennent toutes seules et qui n'ont pas besoin du soutien de leur milieu.

Pourtant, les gens ne peuvent être compris que dans un milieu donné. De plus, la forme plus traditionnelle et la plus populaire du succès demeure l'intégration sociale.  Nous avons dévalorisé depuis les années 1960 le conformisme. Pourtant, les grandes oeuvres de l'humanité ont été le résultat d'efforts collectifs et nous travaillons pour des entreprises qui ont des normes. Les employeurs veulent savoir comment les employés peuvent travailler ensemble. Les entreprises ont besoin de cadres qui vont soutenir la cohésion sociale, pas d'indépendants qui ne s'intègrent pas dans une équipe.

Quand nous examinons les société traditionnelles, nous voyons des gens qui suivent des normes. Ils nous semblent avoir peu de marge de manoeuvre pour modifier leur milieu ou pour fonctionner indépendamment de leur milieu. En fait, la perspective des gens qui sont dans de bonnes équipes est très positive. C'est la perspective du héros solitaire, chevalier sans peur et sans reproche qui met de l'avant l'homme autonome. Dans la réalité, peu de gens travaillent seuls.

C'est facile de nier le besoin de se conformer, mais nous fonctionnons socialement et les normes sociales s'imposent aux individus... comme les taxes.

Ici, des maliens qui ont trouvé une méthode originale pour terminer la peinture d'une piscine. Ils travaillent en équipe et ils doivent coordonner leurs gestes pour arriver au résultat visé.

En jouant des rôles comme les institutions les prônent, les individus peuvent profiter de leur fonction comme d'un levier. Un bon chef d'équipe peut multiplier sa production grâce à une équipe et c'est l'idée que des bons techniciens se font de la supervision. Dans les organisations, la norme officielle est la collaboration. Les employeurs modernes veulent en fait des gens qui sont actifs et qui influencent, pas des gens qui se conforment passivement ou qui s'isolent dans la sagesse.

Le marketing man

La psychologie humaniste a une position différente.  Pour Eric Fromm, l'homme qui s'ajuste à son environnement est un pauvre type. Nous interprétons donc cette forme d'ajustement de façon bien différente que lui, mais il décrit bien le type. Eric Fromm ne valorise pas le pouvoir, ni ce qu'il considère de l'aplaventrisme. Il nie les relations de pouvoir en général et il valorise des rapports authentiques entre les personnes. Être soi-même peut être un luxe, un entêtement ou une façon de sauver la face. Donc rien de bien mieux que ce que fait le marketing man.

Dans la mesure où il faut être actif et influencer pour réussir socialement, il faut des gens qui prennent les devants, tout en tenant compte des possibilités du milieu. Nous croyons que le succès social exige de s’ajuster fréquemment dans des groupes dont les attentes ne sont pas claires et qui changent. David Riesman, un sociologue, propose que l'extrodéterminé applique une stratégie nouvelle au plan historique. Dans cette forme d'ajustement apparue vers 1950 selon lui, l’individu est disponible pour collaborer et s’intégrer socialement si c’est à son avantage.  Il faut évidemment qu’on lui reconnaisse ce droit; qu’on accepte que son engagement n’est pas absolu comme c’était exigé autrefois. Celui qui quitte un employeur n’est plus un traître comme autrefois. Les organisations de travail reconnaissent maintenant à l'employé un pouvoir de négociation, mais c'est nouveau.

L'intelligence de ses intérêts

Suivre les normes et contribuer à la société en oubliant ses propres intérêts est différent. Nous proposons de voir comment les gens s'intègrent, mais les besoins des gens ne sont pas toujours ceux du voisin ni ceux de leur employeur. Il faut maintenant reconnaître que l'employé a le droit de chercher son intérêt au travail. Le dévouement total pour un employeur n'est plus la norme comme cela l'était en 1975 encore.

On dit aux gens au travail de réseauter, de se faire connaître. Ce sera utile quand il chercheront un emploi. L'individu fonctionnel. doit s'ajuster constamment, donc demeurer flexible pour s'ajuster aux changements. Il est moins dépendant de son milieu d’origine que l'homme traditionnel qui n'a connu qu'un milieu stable. Il a acquis le droit de maximiser ses gains et d’obtenir un traitement respectueux de la part des gens avec lesquels il collabore et compétitionne.

Comme l'intelligence c'est de pouvoir apprendre, non plus de savoir d'avance la réponse, le fait d'avoir des contacts, de connaître du monde est maintenant utile. Les gens qui disent connaître bien des gens ont surtout la capacité de connaître au bon moment ceux et celles qui peuvent les aider. Ce dynamisme implique de l'autonomie. Il faut beaucoup d'habiletés sociales pour réussir dans les organisations et aussi de la maturité car il y a des situations frustrantes. La vie en société n'est pas facile.

Dans cette orientation, nous mesurons le goût de travailler dans des milieux structurés, de collaborer, de bien fonctionner socialement au sens de la bienséance d'autrefois, de vivre des situations plus difficiles qui demandent du contrôle de soi. En somme, la capacité d'appliquer tous les bons conseils pour bien vivre en groupe qui sont prodigués par les mamans, les professeurs, les amis...

Et l'authenticité?

S'il y a une place pour l'authenticité dans nos rapports, c'est plus au niveau intime. Ce sujet nous intéresse si l'habileté est importante dans un poste. Il y a des emplois où l'authenticité est importante, mais ils ne sont pas nombreux.

En général, le monde du travail comporte des rôles publics. On tient peu compte de l'expression des émotions dans les descriptions de tâches. Il faudrait le faire plus pour donner à certains emplois plus de valeur. par exemple, des emplois féminins ne sont pas bien évalués parce qu'on ne mesure pas les efforts au niveau émotif.

Les avantages de la socialisation

Pour montrer comment les personnes qui visent des ajustements conformistes sont utiles, voyons une étude longitudinale mettant en parallèle les traits de personnalité et la carrière.

En 1958 et 1960, 141 étudiantes d'un collège de femmes huppé ont rempli des questionnaires de personnalité et participé à des exercices sur leur avenir. Nées vers 1940, les femmes à cette époque visaient surtout des rôles traditionnels. Ces femmes espéraient dans beaucoup de cas se marier, avoir 4 enfants et rester mariées jusqu'à la mort comme les patterns sociaux de l'époque le proposaient. Elles ont été réévaluées après 5 ans (1963 et 1965) et ensuite en 1981.

Peu de ces femmes visaient une carrière, mais il y en avait quand même 24 qui prévoyaient se marier plus tard que les autres. Une carrière, c'était pour les hommes à ce moment, mais ces 24 visaient faire du travail professionnel. Elles voulaient presque toutes travailler en attendant de se marier, mais pas plus longtemps. Elles ne cherchaient pas les emplois que les hommes ambitieux des milieux équivalents visaient, sauf ces 24 femmes qui visaient un pattern de carrière masculin. Ces 24 qui visaient un pattern masculin avaient des résultats moins élevés sur les échelles de socialisation, succès par le conformisme et leurs attitudes étaient moins communautaires.

Celles qui avaient des ambitions typiquement féminines visaient une réussite par le conformisme selon les mesures des tests. Elles étaient bien socialisées et elles avaient confiance dans leurs moyens intellectuels. Elles voulaient bien faire et elles acceptaient les structures sociales bien définies. Elles répondaient bien aux normes. Elles avaient confiance en elles. Elles étaient sensibles, optimistes et elles faisaient confiance au autres. Leurs traits de personnalité correspondaient donc aux attentes qu'elles exprimaient et ces traits correspondaient aussi aux rôles qu'elles visaient.

Quand elles ont eu 27 ans, elles ont refait les tests. Plusieurs avaient commencé une famille (53% ont eu un enfant avant 28 ans et 21% ont eu cet enfant après 28 ans). Celles qui ont eu des enfants avant 28 ans, comme les normes le prescrivaient, ont eu des résultats au deuxième test qui montrent qu'elles étaient plus tolérantes et généreuses. C'est normal si elles attendaient des responsabilités dans des rôles de mère et d'épouse.

A 27 ans, elles se contrôlaient mieux et elles étaient moins spontanées. Les rôles de maturité impliquent moins de spontanéité. Elles étaient devenues aussi moins confiantes, moins sociables et leur estime de soi avait aussi baissé un peu. La vie de mère au foyer implique d'être moins sociable et les autres mesures correspondent à l'état des gens qui ont des responsabilités nouvelles et qui vivent une période d'ajustement. Le rôle de mère n'était donc pas facile.

24 ont eu effectivement eu du succès au travail et obtenu des responsabilités comme les hommes devaient le faire. Elles avaient eu des résultats plus forts en partant (les premiers tests) au niveau de la confiance en soi. de l'initiative et de l'indépendance intellectuelle. Dans 15 cas sur les 24, ces résultats ont augmenté quand elles ont répondu au questionnaire à nouveau à 27 ans.

Malgré ces différences, les femmes ambitieuses et les femmes qui visaient des rôles traditionnels étaient finalement assez semblables. Elles se rssemblaient plus que celles qui n'avaient ni enfants ni carrière. Ces dernières avaient une image de soi plus négative que les plus conformistes. Elles se sentaient moins compétentes et elles recherchaient l'approbation et le support des autres.

Même si elles ne visaient pas des rôles semblables et que les rôles visés comportaient des difficultés, les deux groupes de femmes conformistes étaient mieux ajustées.

Remonter Conformisme 2002 Intelligence émotionnelle La richesse